| 
Member Area
Plan général PDF Imprimer Envoyer
3. Le collège et la maison des jésuites à Namur
Écrit par frdt   
Dimanche, 06 Janvier 2008 10:36

Malgré cette contrainte et la durée des travaux - en tout, un tiers de siècle - on sent qu'une pensée unique a présidé à l'implantation des corps de bâtiments. Un plan envoyé à Rome en 1613 (fig. 31 ), à l'époque où les premières constructions sortaient de terre, présente le projet du futur collège de Namur, en entier1. Le tracé frappe par sa clarté: les trois composantes - collège, maison et église - sont juxtaposées le long de la rue principale et ordonnées autour de cours identiques de 80 sur 100 pieds.
Pour la fondation de leurs établissements, les architectes de la Compagnie de Jésus ne recouraient pas à un «plan type» étant donné la diversité des fonctions des maisons: noviciats, missions, résidences, maisons du  troisième an, maisons professes, collèges. Pour ces derniers, si la demande était précise, Le programme n'en demeurait bas moins complexe : fondre en un ensemble harmonieux et équilibré les deux blocs de bâtiments, celui de la communauté soumis aux exigences de clôture, et celui des écoles qui ne l'était pas. Enfin, l'église devait être conçue de telle sorte que le service religieux pût y être assuré à la fois pour les Pères, les fidèles de l'extérieur et le personnel scolaire l.
L'examen des plans et projets des maisons de la Province Gallo-Belge 2 révèle que l'adaptation aux tissus urbains existants, rarement réguliers, a donné lieu à toutes les combinaisons possibles des trois composantes dans le respect du programme. Toutefois, sur des parcelles régulières, apparaissent des plans singulièrement analogues. Ainsi, les projets des établissements de Namur et de Binant (fig. 32) offrent une parenté saisissante jusque dans des dispositions particulières telles la localisation des cinq cages d'escalier ou ce double portique accolé au mur de clôture central. Référence à une disposition idéale, simple dans sa composition, rationnelle dans ses circulations, fonctionnelle et économique ? Plus vraisemblablement, produits par un même auteur.
Le premier plan, non signé, est daté du début 1613. Le second, de la main du frère Jean du Blocq, fut envoyé à Rome au début de 1614 3. Ces convergences architecturales, spatiales et chronologiques, autorisent l'attri¬bution du plan namurois au frère du Blocq, architecte attitré de la Province Gallo-Belge, en pleine activité dès 16094.
Dans l'ensemble, les bâtiments réalisés sont proches de ceux du plan, excepté l'église (fig. 30). À l'ouest, l'aile des classes. Au sud, à front de rue, les accès distincts aux cours du collège et de la maison, ainsi que deux classes et deux parloirs. Au centre, séparant les deux cours, deux portiques dos à dos ainsi que la base carrée d'une tour contenant un escalier. Au nord, un très imposant corps de bâtiment réservé à la communauté. Au-delà, un grand jardin le long duquel vinrent s'établir l'infirmerie et une basse-cour entourée de remises, d'un poulailler et d'une écurie. Pour l'étude de cette partie du domaine, lotie aux XIXe et XXe siècles, il faut entièrement s'en remettre aux sources iconographiques '.